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 le scaphandre et le papillon

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MyRâa
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MessageSujet: le scaphandre et le papillon   Jeu 23 Juin - 5:14

Je vous présente un film tiré du livre du même titre "le scaphandre et le papillon" Qui me tient à cœur.

Le Scaphandre et le papillon, titre intrigant, métaphore évocatrice de l’enfermement perpétuel, cette fatalité de l’immobilisme physique total où le verbe "agir" se substitue à celui de "subir", en accompagnement de la nécessité de s’évader, d’échapper au terrible affront que la vie offre à Jean-Dominique Beauby. Atteint d’une paralysie extrêmement rare : le « locked-in syndrome », l’ex journaliste se voit contraint de communiquer uniquement avec son œil qu’il clignera une fois pour dire oui et deux fois pour dire non.

D’emblée, la réalisation immersive du premier quart du film se révèle d’une étonnante efficacité pour rendre compte de ce que l’on peut ressentir à cet état d’impuissance absolue. La caméra pénètre l’intérieur de Mathieu Amalric et grâce à un cadrage tout à fait instable ainsi qu’à une image embuée qui retranscrit la vue du personnage, on n’est plus le spectateur d’une histoire mais acteur de celle-ci. La transposition de l’esprit est telle que le malaise profond est au-delà de la simple empathie morale et devient aussi physique. Sans maniérisme et en ôtant tout effet de style ou quelque exagération filmique, Julian Schnabel parvient à faire prendre réellement conscience au spectateur de la situation terrible dans laquelle le malade se trouve. On peut alors s’interroger par-dessus le thème de cette maladie : peut-on tout filmer ? Ici, Le Scaphandre et le papillon réussit un tour de force majestueux en filmant l’histoire d’un homme dépourvu de toutes fonctions motrices et incapable de parler (quoi de plus anti-cinématographique ?). On ne peut certainement pas tout filmer, mais on peut s’y essayer. Le pari risqué que Schnabel a pris adopte une tournure remarquable par cette prouesse technique s’alliant à une émotion artistique forte mais aussi et surtout par le point de vue entièrement assumé et poussé à son paroxysme, celui de l’immobile en question. La voix off qui narre cette histoire et ce qu’il ressent, c’est celle de Mathieu Amalric. Alors qu’on lui adresse la parole, on entend ce qu’il pense, ce qu’il souhaiterait dire mais condamné au silence éternel on entre pourtant dans son esprit. On entre, certes, ou plutôt nous y sommes déjà, dès l’entame du film la situation est clairement exprimée, nous n’assisterons pas à l’histoire d’un homme, nous serons cet homme et s’il serait prétentieux de dire que nous allons le comprendre, la démarche du film est d’en dresser un portrait intime et personnel grâce à ce procédé ingénieux. Seulement, il fallait aller plus loin car rester en lui ne permettait pas d’avoir le recul nécessaire sur sa situation. C’est pourquoi, amenée en douceur, l’apparition objective du personnage introduit un nouvel aspect au récit : ce qu’une personne peut ressentir une fois face à cet homme inerte. Sans la moindre intervention de la voix off, le seul œil est le lien entre lui et le reste, y compris le spectateur. Après l’immersion, la raison.

Malgré la base profondément tragique de cet accident, le réalisateur parvient à escamoter toutes formes de pathos et même à introduire dans le récit des notes d’humour allégeant la lourdeur du problème et dressant un portrait appuyé et véritablement personnel de ce personnage. Les frontières entre le rire et les larmes sont floues, la caricature horripilante de certains films qui imposent le sentiment au spectateur se voit ici estompée pour laisser place à un sempiternel état d’entre deux, de non radicalité propre à la vie. Car le parti pris est immédiatement indentifiable : s’introduire dans les pensée de ce personnage en lui conférant ainsi une seconde vie, un testament posthume. Finalement, Jean-Dominique prendra comme décision d’écrire un livre, seule activité qu’il soit capable encore de réaliser, s’évadant ainsi dans un imaginaire sans fin, faisant prendre conscience au spectateur qu’imaginer est accessible à tous mais simplement que personne ne prend le temps de le faire. Le Temps prend une autre dimension, incapable de bouger, de parler, de communiquer de soi-même naturellement et volontairement, la vie devient longue et comme le précisera une vieille connaissance (jouée par Niels Arestrup) : « attachez vous à l’humain qui est en vous », « facile à dire » rétorquera Jean-Dominique. Facile à dire mais tellement juste, comme si la dernière prise qu’il reste du long mur d’escalade qu’est la vie serait cette humanité intérieure ne s’envolant jamais et permettant la connexion avec la vie. On pourrait développer chaque fragment du film ainsi tant il invite à la philosophie, à la réflexion introspective, comme un auto questionnement qui consiste par le biais d’un cas extrême à relativiser sur notre propre vie et à l’appréhender comme elle mérite de l’être.

Au-delà de la performance hors normes de Mathieu Amalric, pléthore de seconds rôles qui confèrent au récit cette intense richesse de sentiments, tous jouant avec retenue, comme une pudeur et une timidité vertueuse qui contraste paradoxalement aux pensées franches d’ Amalric C’est là aussi l’intérêt du film, de faire valoir ce que l’entourage peut trouver comme discours dans un cas tel où la réponse est inexistante (ou si faible…) tandis que l’écoute est présente. La séquence du père ( Max von Sydow) au téléphone en est la plus belle démonstration, opposition d’un être à 92 ans qui cherche à faire un parallèle avec son fils, l’un serait enfermé dans un appartement et l’autre dans son corps. Mais ce bref échange révèle l’incompréhension totale face à l’injustice permanente que la vie nous offre à l’image une roue que l’on tourne et cassant sans cesse ce continuum que chacun croit existant. Le film prend son temps, pressé par rien et se laissant vaguer sous l’emprise des dérivatifs de l’esprit de Jean-Do alors que ces sentiments deviennent ineffables par contrainte ils se métamorphosent en hymne à la vie. Evitant les écueils habituels dramatiques, le scaphandre laisse envoler son papillon corroborant ainsi le face-à-face avec soi-même, dans un jeu à double conscience où le Surmoi (le papillon) freudien prendrait le dessus sur le Moi (le scaphandre).

- Le film, en compétition à Cannes a été récompensé par le Prix de la Mise en scène

Images : © Pathé Distribution
Source: http://www.findeseance.com/Le-corps-comme-prison

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